vendredi 10 janvier 2014

7 jours à l'envers de Thomas Gornet







7 jours à l’envers

De Thomas Gornet
Roman jeunesse
72 pages, 8.70 €
Édition du Rouergue/collection DoAdo, 31 août 2013 

En une semaine sa vie a basculé alors il remonte le cours des jours, pour revenir une semaine en arrière, ce dimanche après-midi où il s’est passé quelque chose de pas vraiment drôle....





7 jours à l’envers nous narre, comme le titre l’indique une semaine à compte à rebours de la vie d’un adolescent de 13 ans. L’auteur a été au bout de son concept en écrivant son roman dans un ordre chronologique inversé, le thème est dévoilé dès le début : le deuil, de qui on ne l’apprend que dans les dernières pages.

On commence le roman un dimanche, le jour de l’enterrement, la lecture se poursuit jusqu’au dimanche de la semaine précédente, le jour où tout a basculé.

En 8 chapitres, le narrateur raconte sa semaine, la souffrance de ses parents, sa propre douleur, ses réflexions, son ressenti par rapport à comment les adultes qui l’entourent, vivent leurs deuils, sa mère qu’il ne reconnaît plus, les silences, les sourires forcés ou les demi-sourires de son père, son impossibilité à verser une larme, le quotidien qui reprend le dessus, les démarches à accomplir, les souvenirs qu’il a de cet être disparu.
Tout est raconté par le narrateur dont on ne sait à aucun moment le prénom, un procédé qui permet au lecteur de très vite s'identifier à lui.
La boule dans la gorge on continue la lecture, on sourit aussi en lisant certaines pensées du jeune homme, les réponses qu’ils donnent pour trouver cette devinette digne des blagues "Carambars".

Thomas Gornet aurait pu tomber dans le mélodrame, ce n’est pas le cas du tout, il s’est concentré à raconter les émotions vécues par son narrateur et son entourage. Il raconte ce qu’il se passe quand la porte se referme et que la famille se retrouve seule, comment chaque membre va vivre son deuil de manière différente. 
L’accident est raconté par des mots simples et percutants, 10 mots en page 71, le livre se terminant à la page suivante.

L’auteur ponctue le texte de dialogues, en italique, entre le narrateur et le disparu. Il y a aussi cette devinette posée avant l’accident qui revient sans cesse en tête du garçon (en fin de chapitre), charade qui restera sans réponse...pour lui comme pour nous.

Les dialogues permettent de comprendre l’attachement entre le disparu et le garçon la relation qu’ils entretenaient, mais là aussi on y va graduellement, ne pensez pas que tout est dévoilé dès le début, ce n’est vraiment pas le cas.

Une écriture faite de mots simples, de manière subtile et efficace, Thomas Gornet raconte les rituels d’une journée, du lever au coucher, on braque vraiment notre attention sur le ressenti du narrateur. 
Le suspens n’est pas insoutenable, au fur et à mesure on écarte des pistes.

La fin est bouleversante, on passe du silence du jour de l’enterrement au hurlement poussé lors de la terrible annonce.

Une lecture touchante, qui m’a émue, la fin m’a ébranlée, mais je ne regrette pas du tout d’avoir lu ce court roman portant sur le deuil, mais, qui n'a été, à aucun moment, morbide ! 


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