jeudi 21 septembre 2017

[Throwback Thursday #1] thème : une histoire d'amour


Qu’est-ce que le Throwback Thursday livresque ? Un rendez-vous que Bettie Rose Books a crée en 2016 pour permettre à chacun de partager une lecture ancienne ou plus récente au choix, mais toujours sur un thème très vaste. 
Rien à voir avec le TTT qui lui demande 10 livres et parle parfois au futur. 
Non le Throwback comme son nom l’indique, invite à se replonger dans nos plus jolis souvenirs livresques.

Il y a quelques temps que j'ai envie d'y participer, c'est chose faite, dorénavant le jeudi, vous devriez retrouver ce rendez-vous sur mon blog 

Toutes les semaines Bettie Rose Books propose un thème, cette semaine c'est : 


J'ai choisi pour ma part un de mes gros coups de coeur de cette années, ce roman est vraiment mon top 1 depuis mai il s'agit de : 

Quand on n'a que l'humour de Amélie Antoine, l'amour oui mais l'amour paternel et filial


Résumé : 

C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter.
Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.
Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage.
C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent.
Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension.
Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.
C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.


Extrait de mon avis : 
En résumé, c’est un roman sur l’amour filial, l’amour fraternel, l’amour simple, mais fort, l’amour qu’on ne sait pas montrer et les mots qu’on n’ose/ne sait pas/plus prononcer.

Un livre sur la quête de l’amour, on y parle du pardon, de buzz l’éclair, de la culpabilité, de l’infini à l’au-delà, d’une chasse au trésor orchestrée par Édouard et qui permettra à son fils de sans doute mieux comprendre l’homme qui se cache derrière l’humoriste ... un sourire peut cacher tellement, ne vous fiez pas aux apparences.
Amélie Antoine vous mène par le bout du nez jusqu’à la fin.

J’ai endossé les mots comme Édouard endosse son costume de clown (triste) tous les soirs.
J’ai refermé mon livre et j’y ai déposé une partie enfouie de mon vécu, comme Édouard le fait chaque soir sur scène. C’est peut-être aussi pour ça qu’il a fait autant écho en moi.

Ce livre est parfait, dans son récit, dans son écriture, dans sa mise en page, dans la force d’aimer, pour ses personnages devenus réels (Magda, Jonathan je ne vous ai pas oubliés).

Je ne peux que vous recommander de le lire, même pour les personnes dont ce n'est pas le genre préféré !

[Avis] The curse, tome : The crime de Marie Rutkoski


Le premier tome The curse avait été un coup de cœur, j’étais tellement impatiente de me plonger dans ce tome 2 et en même temps j’avais un peu peur, car, parfois, les tomes 2 sont des tomes de transitions où il ne se passe pas grand-chose, ce n'est absolument pas le cas avec The crime au contraire. 

Même si le livre n’est pas bourré d’action il développe la psychologie de nos 2 héros Arin et Kestrel, on retrouve d’anciens personnages et on en découvre d’autres. 
Un tome où l’on nous raconte l’histoire des pays, s’ils sont dorénavant alliés beaucoup de tensions règnent encore, des alliances se créent, des vérités par toujours belles à entendre se dévoilent, des stratégies se mettent en place, le tout avec beaucoup d’émotion, l’auteure ne ménage pas ses lecteurs !

Marie Rutkoski écrit intelligemment en faisant un rappel en finesse des principaux faits du tome 1, disséminés dans le texte pas forcément au début, mais chaque fois que le lecteur aurait besoin d’une remise en mémoire, je dirais même (et ce serait vraiment dommage de passer à côté) qu’on pourrait lire ce second opus sans avoir lu le précédent (mais ne le faites pas lisez The curse !!)

The curse nous laissait sur un gros cliffhanger, j’avais besoin de retrouver Kestrel et Arin, savoir ce qui allait leur arriver.
Kestrel vit au palais, à Val capitale du royaume, une cage dorée qu’elle s’est choisie, elle est très seule, aucun de ses amis n’est auprès d’elle, son père, le général est toujours en croisade cette fois pour conquérir le royaume oriental afin d’accroître encore les richesses du monarque.
L’empereur est un être détestable, il tient Kestrel à sa botte, surveille ses moindres faits et gestes. C’est un être immoral, il sait qu’il est puissant, il joue un jeu d’échecs avec toutes les personnes qui l’entoure jusqu’à son fils, le prince Verex. 
Qui le contredit, même sans le savoir, le payera très cher.
Enfin, Arin, gouverneur de Heran, depuis l’indépendance octroyée par l’empereur ne décolère pas. 
Il en veut à Kestrel. Il a des réactions qui m’ont déplu dans cet opus, je l’ai compris comme un être qui est obnubilé par sa colère et qui n’arrive plus à voir clair. 
Il faut dire que Kestrel, si elle veut continuer à les protéger lui et son père, doit mener son jeu finement quitte à le blesser quand il vient en visite au palais. Je ne vous en dis pas plus.

Nous sommes dans un monde de fantasy, pas de magie, pas d’êtres étranges, et à la fois un monde qui pourrait le nôtre aux alentours du 18e, à l’époque où les français, anglais, américains, colonisaient de gré ou de force d’autres peuples.
On ne sait pas vraiment situer ni les lieux ni l’époque, mais, peu importe, Marie Rutkoski crée un monde suffisamment riche pour que cela ne nous freine pas.

Guerre, conquête de territoire, meurtres, esclavage c’est le credo des valoriens, dès leur naissance ils sont destinés à se battre, d’ailleurs si a 20 ans ils ne sont pas mariés ils sont envoyés au front. 
Dans ce tome c’est les terres orientales que l’empereur convoite, peu importe le moyen d’y arriver. 
Il tient déjà depuis des années la princesse Nisha en otage au palais. 
Même si l’on parle de bataille et de tactique ce n’est pas uniquement le sujet du livre. 

L’histoire est celle de Arin et Kestrel comment vont-ils réussir tous les 2 à continuer leur vie, ils ont tellement de poids sur leurs épaules.
Un point commun les réunit tous les 2 : ils sont en recherche de marques d’attention, d’amour. 
Arin n’a plus de parents et Kestrel, son père général des troupes valoriennes, place le devoir avant tout. 
Cette jeune file de 17 ans est bien seule, avec ses pensées, mais aussi au palais comme je vous le disais, même si ses meilleurs amis Jess et Ronan vivent à la capitale ils lui en veulent énormément pour ses décisions passées. 
Jess qui était la meilleure amie de Kestrel est vraiment blessante, un passage du livre entre elles deux m’a vraiment émue, Kestrel ne peut rien dévoiler de son jeu hélas, elle en fait les frais.
Elle ne veut que bien agir, mais malheureusement c’est parfois au détriment d’autres personnes et toujours avant ses propres sentiments. 
Comment va-telle pouvoir supporter les décisions prises pour le restant de ses jours ?
Kestrel a un rôle central dans cet opus, elle fait preuve de grande force de caractère pour ne pas s’écrouler, elle doit analyser finement les cartes qu’elles possèdent dans ses mains pour ne pas dévoiler son jeu, et ce à personne, ni à Arin, ni à ses amis et surtout pas à l’empereur et son père.

Arin, lui, autant je l’ai trouvé fort psychologiquement dans le premier opus autant dans celui-ci j’avais envie de le secouer et de lui dire « mais ouvre les yeux bon dieu ». Il a moins de charisme que dans The curse.
Il ne sait plus quoi penser, il doute tout le temps et pour cause. J’étais brisée de ne pas pouvoir crier à nos héros ce qu’ils faisaient l’un pour l’autre ^^ 

Verex le prince m’a bien plu, un personnage qui évolue dans le bon sens, il sera, si pas au début, un précieux soutien pour Kestrel. 
Tensen, ministre de l’agriculture Herrani est un autre de mes personnages préférés, il aide, comme il le ferait avec son petit-fils, Arin, le protégeant des autres, mais aussi de lui-même en lui cachant des informations importantes. 
Roshar ancien esclave qui s’était enfoui, que Arin avait tenté d’aider lui sera d’une aide précieuse, Arin ne pouvait pas se douter de la puissance de celui-ci.

J’ai été émue, j’ai pleuré, j’ai été énervée par certaines réactions. 
Je suis passée par tout un panel d’émotion, je n’ai pas pu déposer le roman sans connaître le dénouement et....Marie Rutkoski m’a encore une fois de plus pousser à bout, la fin de ce second opus est encore plus horrible que dans le premier tome.

Cette fin, mon dieu, j’ai filé sur Goodreads pour voir si le troisième et dernier tome était déjà sorti aux US et oui donc plus qu’à attendre la version française et je peux vous dire que je suis encore plus impatiente que pour le deuxième. 
C’est très frustrant de ne pas pouvoir vous raconter, je ne veux pas spoiler les futurs lecteurs de cette saga.


Tout ce que je peux vous dire c’est que Kestrel et Arin devront, l’un comme l’autre, passer au-dessus de leur bonheur pour leur peuple respectif, ils devront mettre leur sentiment de côté s’ils veulent pouvoir épargner leurs proches, ils vont devoir lutter contre leurs propres désirs pour continuer à avancer, oublier leurs espoirs déçus pour pouvoir espérer continuer leurs vies.

Une saga que je vous recommande absolument ! 

The curse, tome  : The crime de Marie Rutkoski - Fantasy jeunesse/ Young Adult -534 pages, 15€ - Édition Lumen, en libraire le 21 septembre 2017 
mardi 19 septembre 2017

[Avis] Le seigneur de Charny de Laurent Decaux



Voilà vraiment longtemps que je n’avais plus lu de livre d’un auteur français sur le Moyen Âge et encore plus longtemps qu’un roman de cette période ne m’avait autant plu.
Je l’ai littéralement dévoré tant il est passionnant, un véritable page turner digne des célèbres romans courtois que j’ai lus pendant mes études de bibliothécaire.

1382, nous suivons Jacques de Charny. Il revient sur ses terres après 6 années de croisades. 
Quand il revient, il retrouve sa mère Jeanne, sa jeune sœur Marie ainsi que ses fidèles amis Arnaud et Miles. 
Sa mère, pour subvenir au besoin de la maison de Charny et à ses serfs, vassaux et serviteurs, s’est résignée à exposer Le Saint Suaire, pèlerins, seigneurs accourent de toute la France pour le voir et prier, une collégiale est même en construction pour accueillir tout ce monde. 
On en parle jusqu’à la capitale, le tout jeune roi Charles XI vient voir de ses propres yeux cette relique.
Tout ceci n’est guère du goût de Jacques, mais il s’y résout au contraire de l’église, qui elle voit d’un mauvais œil l’ostentation, accusant d’hérésie les gens de Charny. 
On se trouve en plein schisme de l’église, 2 papes sont en fonction celui de Rome et celui d’Avignon, l'histoire se déroule juste après la guerre des 30 ans et la grande épidémie de peste qui a ravagé la France.

L’écriture de Laurent Decaux est très cinématographique vous êtes plongé sans aucune difficulté de compréhension dans cette période, avec un vocabulaire riche et étoffé, des mots d’anciens Français, mais qui sont tout à fait accessibles. 
Les descriptions sont limpides, il y en a suffisamment pour comprendre les tenants et aboutissants, les protagonistes et les lieux.
L’aventure et les rebondissements sont nombreux.
Les personnages attachants et profonds, ils ont chacun des failles qu’ils cherchent à combler
Jacques qui a abandonné sa famille veut retrouver leur amour, leur respect.
Il va devoir redorer son blason surtout s’il veut faire honneur à son père légendaire : Geoffroy de Charny (Wikipedia : Porte-oriflamme et conseiller des rois de France Philippe VI et Jean II, il est considéré par ses contemporains comme l’un des meilleurs chevaliers de son temps.)
Charles, tout jeune roi, a à peine connu ses parents, il ne sait ce que c’est d’être aimé, il n’a autour de lui que ses 2 oncles Philippe de Bourgogne et Jean de Berry qui cherchent avant tout à manipuler leur neveu pour leur propre richesse.
Arnaud et Miles quant à eux sont 2 amis fidèles de Jacques, grâce il y a beaucoup d’humour. L’un aurait aimé faire des études, l’autre est un épicuriste.
J’ai été fortement attachée à bureau de La Rivière, chambellan du roi, il joue le rôle de "grand-père" de ce jeune garçon qui se retrouve avec une guerre sur les épaules.
La guerre des Flandres menée par d’Artevelde (mieux connue sous le nom de bataille de Roosebecke). 
Ce jeune roi qui en assez de la paperasserie, des impôts, des charges qui lui incombe, des représentations, il n’a aucun ami, juste des gens qui l’entourent par profit.
Une amitié et un profond respect l’attachent à Jacques depuis de son séjour au départ, incognito, chez la famille de Charny. 
Il rêve lui aussi de voyages, de chevaliers, de prouver sa valeur comme soldat, de se battre à l’égal de ses hommes à l’étendard de La France.
Jacques trouvera en lui un précieux soutien et Charles inversement. Jacques est loyal, ses amis le sont tout autant et le suivront où qu’il aille.
Ces trois-là m’ont un peu fait penser aux trois mousquetaires. 
Liés dans les bons et mauvais moments et pas les derniers quand il s’agit de festoyer, blaguer ou se battre.
Les femmes sont présentes, mais je m’y suis moins attachée sauf à l’épouse de Bureau qui, pourtant, n’apparaît que peu dans le roman et à Hélène, la sœur d’Arnaut.
Des personnages auxquels on s’attache très vite. 
Tous les protagonistes rencontrés ont un rôle à jouer et sont bien décrits : le prieur Anselme, Pierre d’Arcis ou de Vilaines, les serviteurs et les bonnes, dame d’atour comme Florentine.

Si les personnages sont bien typés il en de même pour les descriptions des paysages de La France de l’époque de la région de l’Aube avec Lirey, de la Champagne avec Troyes ou Paris.
Les constructions, ponts, églises de l’époque se dressent devant vos yeux.

Si c’est une fiction, Laurent Decaux s’appuie sur des faits réels, on sent le travail de recherche effectué, les valeurs qu’il a voulu mettre en avant. 
À la fin du livre, l’auteur vous donne les références des documents sur lesquels il s’est appuyé pour écrire son roman, les libertés qu’il a prises pour qu’elles soient cohérentes avec son histoire.

Les valeurs mises en avant sont celles de l’amitié, de l’honneur, du devoir et de la famille. 
L’amitié à l’image des 3 compères Jacques, Miles et Arnaud, toujours là l’un pour l’autre.
La famille avec le retour du fils prodige qui veut tout faire pour sauver l’honneur de sa famille et qui s’en veut d’être parti aussi longtemps loin des siens.
L’honneur et le devoir avec Charles, cet adolescent roi, esseulé, au milieu de tous ces adultes, mais qui finira par prouver sa valeur et n’oubliera pas les aides reçues et Jacques qui a maintenant la charge du domaine de Lirey, qu’il doit protéger contre ses ennemis.

Un rythme soutenu, une écriture fluide, des rebondissements, des complots, des guerres, de l’humour et de l’amour, des valeurs nobles, rires et émotions, tout est réuni pour vous faire aimer cette période de l’histoire. 
Une fluidité tout au long des 412 pages que j’ai lues beaucoup trop rapidement à mon goût.

À lire, pour tous les amateurs d’histoire, même ceux qui ne lisent pas du tout de roman sur cette période, c’est intéressant, c’est enrichissant au point de vue historique, on se rappelle de certaines choses, l’on en apprend d’autres. 
Une fin adéquate ni trop facile ni imprécise.

Un sans faute pour ce premier roman de l’auteur. Il n’en fait ni trop ni pas assez même si j’aurais aimé avoir une suite, car j’ai eu du mal de quitter les protagonistes. 

 Le seigneur de Charny de Laurent Decaux - roman historique - Moyen-Âge - Aventures - 418 pages, 19.90€ - Éditions XO - En librairie le 7 septembre 2017




lundi 18 septembre 2017

[Avis] Le triangle d'incertitude de Pierre Brunet



J’ai encore en tête les images de la TV lors du génocide rwandais en 1994, on suivait les actualités à la maison, car un ami de la famille faisait partie des Casques bleus belges envoyés en mission là-bas, alors âgée de 17 ans ces images, cette injustice, la cruauté, la barbarie m’ont marquée.
Je n’ai pas encore lu Petit Pays de Gaëlle Faye, ce qui ne saurait tarder c’est donc Le triangle d’incertitude mon premier livre sur ce pan horrible de l’histoire contemporaine.

Sans être un coup de cœur, ce livre m’a profondément ému, une lecture forte, Étienne, ce soldat envoyé en mission qui revient complètement anéanti par ce qu’il a vu et surtout parce qu’il n’a pas pu faire.
« J’ai regardé Isabelle, et j’ai senti que son visage composait le même sourire pacifique, bienveillant, que celui que nous affichions dans un village, là-bas, et que nous voulions prendre contact avec ceux dont nous faisions semblant d’ignorer qu’ils étaient des assassins ; qui d’autre que les assassins pour être encore vivants ? »

C’est à travers les yeux d’un officier de marine française que nous vivons ce génocide et plus particulièrement le massacre de Bisesero.

« L’opération turquoise est une mission de l’armée française au Rwanda du 22 juin au 21 août 1994 sous le mandat des Nations Unies, destinée officiellement à permettre le déploiement de l’aide humanitaire » 

2 ans après son retour du Rwanda Étienne a tout perdu, il est en instance de divorce, sa femme l’a quittée avec ses 2 enfants, il décide de prendre la mer à bord de son voilier le Gilliat afin de « manœuvrer, d’intervenir, le moins possible. Réfléchir le moins possible, décider le moins possible, exister le moins possible. Flotter, et laisser peut-être le trop-plein de larmes se vider ».

Étienne a tout essayé, mais n’a jamais pu parler à son épouse de ce qu’il avait vu là-bas et encore moins lui dire à quel point il se sent coupable de n’avoir rien pu faire, il ne peut lui raconter les corps massacrés, le nourrisson abandonné, il ne vit plus il survit, tenant le coup pour ses enfants, surtout ne rien leur montrer. C’est le plus important pour lui préserver sa famille au risque de la perdre.

« La marine voulait que je fasse mon devoir. Isabelle voulait que j’accomplisse mon devoir conjugal. Moi, j’étais dévoré par une évidence, celle que nous avions manqué à notre devoir là-bas. »

C’est un homme souffrant de syndrome post-traumatique qui relate sa descente aux enfers sur les terres rwandaises, enfer dont il n’est plus sorti, il se détruit, il cherche la rédemption dans les corps inconnus, boit pour peut-être savoir dormir sans revoir tous ces visages massacrés.

« S’il m’avait été donné de pouvoir tuer là-bas, peut-être aurais-je pu retrouver la vie. »

L’écriture de Pierre Brunet est acérée, brute, il vous livre les états d’âme de son personnage sans langue de bois ; il vous secoue, peut, peut-être, choquer par moments, avec la vulgarité, qui moi ne m’a pas gênée.
Il choisit de raconter cet épisode du génocide rwandais à travers le journal de bord que tient Étienne, Étienne relate sa vie en mer, mais écrit aussi ce qu’il a vécu là-bas, vous ne lirez pas avant la page 159 ce qu’est exactement la mission turquoise.
Vous avez quelques épisodes disséminés dans le vocabulaire maritime, c’est le point qui m’a le plus gênée, je n’ai aucune notion de navigation et les termes utilisés ont quelque peu gâché ma lecture, empêchant une lecture fluide tant j’ai dû user du dictionnaire pour comprendre.
Le titre du roman a 2 sens, on le comprend en lisant le roman.
Un terme maritime que l’auteur transpose pour cette colline de Bisesero où Étienne a laissé son âme.

« En avril, au début, ils avaient été plus de quarante mille Tutsis à venir parfois de loin pour se réfugier sur ces collines de Bisesero et se défendre ensemble. (…) Ils n’étaient plus que 2000 fantômes à peu près, hagards, décharnés, infectés. Deux mille condamnés en sursis qui voulaient nous faire confiance assez en tout cas pour, à la vue des miliciens qui observaient à distance, se montrer et montrer de quelle cachette ils sortaient. Sur deux mille personnes trouvées trois jours plus tôt, il n’en restait que huit cents. J’étais figé par l’éclatement de la vérité (…) si nous étions arrivés le 27 ils auraient survécu. Si nous avions agi le 28 ils auraient survécu. (…)Si nous étions arrivés le 30 au matin, ils auraient survécu. Nous étions arrivés le 30 à 14 h 15, et maintenant je les regardais mourir »

Un récit sûrement dérangeant pour l’armée française qui savait, mais à laisser-faire. 
« Les hommes, sur le terrain avaient alerté leurs supérieurs qui avaient fait remonter les informations les plus alarmantes jusqu’en haut lieu… sans réaction »
De 40 000 Tutsis au début, ils n’étaient plus que 2 000 trois mois après pour seulement 800 survivants quand les opérations de secours arrivent enfin.
L’auteure relate aussi plusieurs autres génocides, son personnage est hanté par les massacres du passé, il parle de la Shoah, de l’Arménie, etc.

Étienne entreprend cette odyssée à travers la Manche pour se sauver, plusieurs fois au cours du roman il se demande s’il ne ferait pas mieux de se laisser couler avec son fidèle Gilliat qu’il traite comme un ami, un être humain, le seul qui comprend ce qu’il ressent.

« Nous n’avons pas tué, là-bas, nous n’avons fait qu’être absents au moment où d’autres tuaient. »
« Mille deux cents vies perdues sur la conscience. »

La fin du roman est haletante, émouvante, j’ai frémi lors de cette scène de sauvetage en mer déchaînée où Étienne trouvera peut-être enfin ce qu’il cherchait en prenant la mer.
J’ai vraiment apprécié que Pierre Brunet raconte l’opération turquoise peu à peu, sans avalanche de détails sordides, c’est poignant, c’est criant de vérité tout en étant profondément humain à travers Étienne, ce soldat brisé.

Étienne qui fait tout pour s’en sortir, les psys de l’armée, un thérapeute de couple, mais, comment raconter l’innommable, comment ne pas remplir le cerveau de sa femme Isabelle par les horreurs vues, comment le verra-t-elle ensuite quand il lui dira qu’il n’a rien pu faire ?

Vous le savez, j’aime l’histoire, j’ai besoin de comprendre, de savoir et de ne jamais oublier. On a tous un devoir de mémoire pour les futures générations, ce roman en fait partie.

Si jamais l’un de mes lecteurs pouvait me conseiller un livre sur le génocide arménien, je serais contente, j’en ai entendu parler, mais je n’ai pas encore lu de roman sur le sujet, n'hésitez pas à me contactez. 

Le triangle d'incertitude de Pierre Brunet - roman contemporain - génocide rwandais -syndrome post-traumatique - littérature française - 280 pages, 17.90€ - Edition Calmann-Levy - En librairie le 17 août 2017
vendredi 15 septembre 2017

[avis] Les insurgés saison 1 : conquête de Elle Kennedy


J’avais adoré la première saga d’Elle Kennedy Off-Campus, j’étais impatiente de la découvrir dans un registre différent, si dans sa saga Off-campus on a affaire à des étudiants sur un campus universitaire, une romance contemporaine donc ; ici avec les insurgés nous sommes dans une romance dystopique avec des héros plus âgés.

Le monde créé par l’auteure est post-apocalyptique, une guerre mondiale a éclaté il y a 40 ans, le système en vigueur n’a plus rien à voir avec celui qu’on connaît.
Plus d’argent à part dans certaines villes, plus de soins médicaux, les cliniques ont disparus, un moyen de « régulation démographique » si on est blessé ou malade on meurt.
Tous les systèmes de classes, religion ainsi que le livre-arbitre ont été éliminé ou interdits.
Ceux qui ne sont pas d’accord avec cette Classe Mondiale, le nouveau nom de la terre, sont les insurgés. 
Ils survivent pourchassés par les exécuteurs qui soit les jettent en prison dans une des colonies existantes ou pire les tuent.
Les insurgés vivent au jour le jour, ils vivent chaque jour comme si c’était le dernier.
Hudson fuit sa colonie, son frère, Dominik veut l’obliger à faire quelque chose qu’elle ne veut pas, étant femme elle n’a rien à dire, elle n’a d’autre choix que de fuir
Après des jours de marche elle trouve refuge dans une espèce d’hôpital reconverti en bar clandestin. Là, elle va rencontrer les héros de cette saga : Rylan, Xander, Pike, Kade et Connor.
Les garçons vont la prendre sous leurs ailes. 
Dans cette nouvelle société on ne survit par si l’on est seul, les bandits des hommes sans morale explorent la région. 
Entre les exécuteurs qui la recherchent et les bandits, Hudson n’a pas vraiment de solution, elle doit trouver un abri, un lieu où elle sera en sécurité.
Entre Connor et Hudson, il y a de suite une grosse alchimie, mais je ne vous en dis pas plus.

J’ai adoré cette romance dystopique, je ne savais même pas que ce genre existait, c’est la première que je lis, Elle Kennedy a su me faire adhérer à ce nouveau genre.
J’ai tout aimé, le monde créé, les personnages et leurs caractères.
Même si c’est avant tout une romance et qu’on a peu d’éléments sur la dystopie à proprement dite on a suffisamment d’éléments pour appréhender l’univers.

Les protagonistes, tous, sont profonds et bien travaillés même si j’ai un faible pour 2 personnages : Hudson la femme du groupe et pour Rylan, j’espère qu’un tome lui sera d’ailleurs consacré.
Hudson est un personnage féminin comme j’aime, elle est forte, ne déroge pas à ses convictions même par amour, altruiste, autoritaire, mais dotée d’un grand cœur.
Connor, même si c’est le héros principal de ce tome avec Hudson n’a pas ravi mon cœur, c’est un bad boy, il ne croit plus en rien et surtout a décidé de ne plus se soucier de personne, il ne veut plus souffrir et voir des gens qu’il aime mourir. 
Alors, même si c’est le meneur de la bande, il a créé des barrières suffisamment épaisses autour de lui pour toujours pouvoir tout contrôler sans qu’on l’atteigne dans le cœur. 
Ses compagnons lui sont loyaux, même s’il se montre dur, dirige et crie tout le temps il les aime, la personne qui arrivera à faire tomber des défenses n’est pas encore née.
Je l’ai plus apprécié au fil de la lecture quand j’ai compris ses réactions et les causes de son comportement.
Rylan a tout de l’ami parfait, il a beaucoup d’humour et d’amour en lui. Pike est le plus rustre, mais je pense qu’il peut nous réserver de belles surprises tout comme les inséparables Xander et Kade
Comme pour Off-Campus tous les personnages masculins, je pense, apporteront quelque chose à la sage, en tout cas, il me tarde de mieux les connaître. 

J’ai craint plusieurs fois pour eux, lors des raids de ravitaillement, mais surtout pour Hudson qui cache un très lourd secret, secret qui, s’il est découvert lui, vaudra sûrement la mort.
Connor n’a qu’un seul but : tuer Dominik, le responsable de tous ses malheurs. Il veut sa vengeance, peu importe s’il en meurt.

Elle Kennedy nous laisse avec des réponses à nos questions et suffisamment de suspens, de rebondissements pour qu’on se précipite sur le tome 2, que j’ai hâte de lire. 
(Sortie prévue le 5 octobre pour la saison 2 et le 2 novembre pour la saison 3) 


Des personnages auxquels on s’attache très vite, il y a beaucoup de sensualité, des moments de tension d’autres d’émotions, un univers unique, même s’il n'a rien de révolutionnel, j’ai été happée par cette histoire qui confirme que j’adore l’écriture d’Elle Kennedy. 

Les insurgés saison 1 : conquête de Elle Kennedy - New Adult - Romance - Dystopie -334 pages, 17€ - Édition Hugo, collection New Romance - En librairie le 14 septembre 2017
jeudi 14 septembre 2017

[Avis] Les derniers jours de l’émerveillement de Graham Moore




Voilà un livre difficile à classer, ni biographie ni manuel historique Graham Moore nous livre un roman rempli de faits historiques qui se sont réellement déroulés, en l’occurrence ici le procès qui opposa les 2 célèbres inventeurs Thomas Edison et George Westinghouse.
À la fin du livre, l’auteur précise les faits qu’il a adapté à son roman notamment les dates qui diffèrent quelque peu ainsi que les passages purement fictionnels.

Dès que j’ai lu le résumé, j’ai voulu lire ce roman. J’adore l’histoire, vous le savez, New York, la fin du 19e et des célèbres inventeurs, j’étais certaine de me plonger dans cette fourmilière de talent qu’a connu cette époque de grande révolution industrielle et je ne me suis pas trompée

Quel beau roman pour les personnes férues d’histoire ! 
C’est finement écrit, car malgré la quantité de détails scientifiques, surtout physique, l’auteur vous emmène dans son intrigue, quasiment un thriller, on se demande qui des deux hommes remportera finalement cette histoire d’ampoule à incandescence qu’ils jurent avoir inventée, l’un comme l’autre. 
Pour le défendre George Westinghouse choisit délibérément un jeune avocat Paul Cravath, il sait qu’aucun avocat de renom ne voudra se lancer dans cette affaire qui promet de belles heures de plaidoiries, que ce sera un procès à gros retentissement médiatique peu importe le vainqueur ou pire tous les avocats de New York sont liés de près ou de loin à Edison qui a déjà une très solide réputation. À cette époque, il est déjà célèbre pour toutes ces inventions ou améliorations du quotidien des Américains notamment le télégraphe.

Je me suis fortement attachée à Paul Cravath, ce jeune homme ambitieux qui veut bien faire son travail, mais qui n’a aucune idée de la duplicité dont les riches industriels sont capables. 
Le monde des affaires est un monde où tous les coups sont permis, corruption de la police ou du sénat, incendie volontaire et même tentative de meurtre.
Il devra être patient pour gérer, non seulement les 2 principaux intéressés (Thomas Edison et George Westinghouse), mais aussi le talentueux scientifique Nikola Tesla, comme tout génie il vit dans son monde, ne veut rien savoir en dehors de son laboratoire, à un langage peu commun et des tocs étranges. 
George Westinghouse le veut à son service, ce sera à Paul de le ramener à la raison et bien plus que cela, mais je ne peux vous en dévoiler davantage.
Paul rencontrera en la célèbre chanteuse Agnès Huntington une alliée de poids, intelligente, vive et rusée, elle connaît ce monde de faux-semblants et pour cause... elle aidera Paul a plusieurs étapes décisives, les voyages et leurs discussions liera les jeunes gens, mais là encore rien n’est facile Agnès est célèbre pas Paul.
Voilà pour le pitch général du roman. 

J’ai appris énormément de choses durant cette lecture, même si je connaissais Edison, les autres protagonistes principaux non et portant ils ont eux aussi révolutionnés notre quotidien.
Vous côtoierez aussi Astor, Rockefeller, Roosevelt et Morgan pour ce qui est des riches hommes d’affaires, vous croiserez Eli Jeanney, William Bell, George Pullman, Faraday, Gramme et plus tard un certain Henry Ford.
Un roman riche non seulement en personnages historiques, mais aussi une ville en pleine expansion avec des bâtiments encore connus dans le monde aujourd’hui le MET, l’opéra ou encore Central Park inauguré quelques années plus tôt, le Rockefeller Center, le Dakota Building, etc.

Je l’avoue, certain passage lors des explications de Tesla ou Westinghouse, ont été ardues pour moi qui suis nulle en physique, autant j’aime l’histoire autant l’électricité ce n’est pas mon fort du tout, mais cela ne m’a pas empêché d’être prise dans l’intrigue

Graham Moore sait maintenir le lecteur en alerte, plusieurs rebondissements ont lieu, des histoires inattendues et une conclusion à la hauteur de tout le roman.
On sent le travail de recherche qu’il y a eu en amont de l’écriture, autant pour ce qui purement scientifique, mais aussi pour tout ce qui est brevet (un monde que je ne connaissais pas du tout), les démarches juridiques pour la validation ou l’invalidation des ces fameux brevets.

J’ai appris quantité de choses, dans le roman avec toutes les personnes croisées ou ce que Paul, George et Thomas racontent, des objets inventés à cette époque qu’on utilise encore aujourd’hui même s’ils ont été améliorés depuis. La seule invention que je n’ai pas aimée c’est la chaise électrique. Mais bon ce n’est qu’un court passage et cela a existé ce n’est pas une fiction.
L’auteur aurait pu se contenter de livrer les faits, mais il s’attache à écrire un roman avec des protagonistes avec une réelle profondeur, il nous plonge dans ce 19e siècle sans forcer dans les détails, il a cette faculté de vous faire voir les lieux comme si vous y étiez, une écriture cinématographie qui m’a beaucoup plu. 
Ajouter à cela l’histoire et l’avancée scientifique et industrielle en plein bouillonnement, un suspens présent du début a la fin, des données techniques et scientifiques pointues, mais accessibles, le tout vous donne un livre de plus de 500 pages que l’on ne voit pas défiler même si j’ai eu quelques difficultés à appréhender certains aspects purement techniques et du coup j’ai ressenti quelques longueurs par moments, mais je vous rassure ces passages ne sont pas nombreux.
Vous voyager dans les États-Unis, vous vous amusez aux soirées mondaines, avec des citations en début de chaque chapitre soit de Steve Jobs soit de Bill Gates.
Même si cela reste un roman, 80 % du livre est véridique, les faits sont avérés, Graham Moore cite ses sources, vous donne les dates des journaux, les sites consacrés aux hommes
Les paroles d’Edison sont réellement les siennes. 

Je ne me suis pas posé la question avant de lire ses remerciements, car pour moi son pari était réussi, j’ai fait un voyage dans le temps retrouvant ce New York de la fin du 19e si riche pour tous les aspects, même journalistiques, on se rend compte qu’en fait nos contemporains n’ont rien inventé ou du moins pas autant qu’à cette époque. 

J’aurais vraiment aimé côtoyer ces gens, bon de loin peut-être, mais être témoin de tout cela c’était merveilleux, Graham Moore me l’a permis. 

Les derniers jours de l'émerveillement de Graham Moore - roman historique - New York - Inventions - Thomas Edison - 512 pages, 22€ - Édition Cherche Midi, sortie en librairie le 7 septembre 2017

mercredi 13 septembre 2017

[avis] Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier



J’ai apprécié ce premier livre d’Emmanuelle Favier, je ne connaissais pas du tout cette coutume de
 « vierge jurée » ou plus précisément vierge sous serment. 
Une tradition ancestrale qui existe encore de nos jours dans le nord de l’Albanie c’est ce que nous relate en partie l’auteure.

Si j’ai aimé ce livre, plusieurs faits m’ont empêché d’être complètement immergée dans le récit.
Je regrette que l’auteure choisisse une voix différente de celle du début pour continuer son roman, un choix qui est pourtant intéressant, mais qui m’a détournée du thème principal des vierges jurées ».
Je ne peux vous révéler cette autre direction sans vous spolier le livre

La lecture démarre dans un petit village de montagne, un inconnu se présente à la porte de Manusche, il cherche le chef du village pour lui demander hospitalité, autre coutume qui a lieu dans ces contrées celui de demander le droit de rester et de s’établir.
Très vite Adrian, beau et charismatique, conquit le village en entier et surtout Manusche, elle est respectée par tout le village, elle y vit depuis des années.
C’est une vierge jurée depuis qu’elle a refusé le mariage prévu par sa famille, oui les mariages arrangés ont toujours lieu dans cette partie du monde.
Manusche a donc prêté serment, elle vit, s’habille comme un homme ce qui ne l’a jamais gênée jusqu’à l’arrivée du bel Adrian.
Il perturbe tout ce en quoi elle croyait et respectait, elle se sent de nouveau femme, elle comprend qu’elle a encore le droit d’aimer, mais cet homme l’aimera-t-il ?
Adrian cache de lourds secrets que l’on découvre au fil de la lecture, l’auteure oriente d’ailleurs beaucoup plus son récit sur le passé d’Adrian et ce qui l’a mené jusque dans ces montagnes.

L’écriture de Emmanuelle Favier est poétique, la comparaison qu’elle fait des rivières aux femmes m’a plu, du moins j’ai compris le titre comme cela.
Les femmes comme les rivières suivent une vie, semée d’embûches de courant, bon ou mauvais, les choix de route, de vie peuvent s’avérer désastreux et dangereux, il leur faut du courage pour mener leur existence comme elles l’entendent. 
Il faut le dire même si notre société a évolué on reste dans une société patriarcale, combien de pays dans le monde ignore l’avis des femmes ?

Ce qui est arrivé à Adrian, les pas qui l’ont mené jusque chez Manusche m’ont fortement émue, je ne m’attendais pas du tout à ce rebondissement.
La cruauté de l’être humain ne devrait plus m’étonner, mais je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut rejeter des personnes qui mènent des vies différentes des nôtres.

Même si l’écriture est belle, très (trop) lyrique j’ai trouvé que certains détails, sans importance, dans l’intrigue prenaient beaucoup trop de place, un roman qui est beau, mais justement à vouloir écrire des phrases très poétiques l’auteure casse le rythme qui en devient lassant, choix que je trouve dommageable, car je me suis perdue en cours de lecture, j’ai perdu en émotion pour des sujets pourtant très sensibles et d’actualité.

C’est l’histoire de personnes brisées, prises en étau par le poids des traditions que j’ai trouvé cruel à certains passages.
C’est une belle histoire d’amour, absolument pas classique (dans le sens d’un autre âge) comme on pourrait le croire. Une histoire de vie(s).

Un livre qui fera hurler les féministes tant cette coutume paraît archaïque et pourtant elle existe encore.


Vous l’avez compris j’ai aimé ce roman, mais j’ai été chagrinée par trop de petites choses qui ont perturbé ma lecture et pourtant je le recommande, car il est très intéressant, à lire si le style de l’auteure ne vous rebute pas et en ayant bien conscience que le thème annoncé en 4e de couverture n’est pas le sujet principal, mais un fil conducteur.

Le courage qu'il faut aux rivières de Emmanuelle Favier - roman contemporain - Littérature française - 224 pages, 17€ - Édition Albin Michel- En librairie le 23 août 2017
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