mardi 17 octobre 2017

[Avis] Mirror, Mirror de Cara Delvigne et Rowan Coleman


Je suis peut-être une des seules lectrices à écrire ceci, (quoique je n'ai pas encore été lire les avis des copines) mais, si j’ai voulu lire ce roman, ce n’est pas pour la célébrité de l’auteure ; je ne regarde jamais la TV (à part des séries), je ne suis pas du tout strass et paillettes, maintenant, oui, je sais que Cara Delvigne est un top-modèle international, mais si elle a accompli autre chose à part ce roman je ne suis pas au courant.

Son métier premier était indiqué sur le communiqué de presse ; je me suis dit pourquoi pas, une femme célèbre adulée apparemment par les adolescents ça peut être un bon moyen de leur donner envie de lire. 
Le pitch était intéressant, je me suis donc lancée dans ce livre sans aucun a priori puisque je ne connaissais absolument rien de l’auteure.

Me voilà donc embarquée dans le roman ; je vous le dis d’emblée, j’ai eu beaucoup de mal avec ce roman. 
Tout d’abord le langage utilisé, s’il se veut « jeune » il n’est pas utilisé tout le temps, du coup ça casse le rythme de l’écriture. 
Ensuite les thèmes, oui je suis totalement d’accord qu’il est important de parler de sujets forts et sans tabou avec les ados, j’en ai 3 à la maison donc pour moi aucun souci là-dessus sauf quand ces thèmes sont abordés de manière à les banaliser, comme si c’était tout à fait normal et qu’il n’y ait aucune leçon à en tirer. J’ai trouvé l’auteure très maladroite dans sa manière de traiter de ses sujets (boulimie, scarification, anorexie, drogue, prison, alcoolisme, etc.)

Nous suivons Red, il est enfin épanoui depuis qu’il a intégré un groupe de musique rock « Mirror, Mirror » qui a son petit succès, un groupe monté à l’école avec Rose, Leo et Naomi. 
Ils sont devenus les meilleurs amis du monde, ils sont tout le temps à 4 et ensemble arrivent à surmonter leur difficulté. 
Tout bascule quand leur amie Naomi disparaît du jour au lendemain. Pour eux, c’est certain, ce n’est pas une fugue.
Nous allons les suivre dans l’après-disparition de Naomi. 
Au début du roman, tout est sombre, triste, ils sont désespérés, normal, leur amie a disparu. 
Peu à peu, la vie reprend son cours sauf qu’ils veulent eux-mêmes enquêter et c’est là qu’est le second point faible du livre. 
Tout ce que ces jeunes ados vont entreprendre pour retrouver leur amie est tiré par les cheveux, les ficelles pour arriver à se sortir des mauvais plans où ils se mettent sont trop grosses pour être complètement crédibles.

Malgré une intrigue de départ intéressante, je ne suis à aucun moment rentrée dans le roman.
Le point positif que j’en retire, car ce n’est pas un mauvais roman, c’est les thèmes abordés par le personnage de Red, je n’avais pas deviné au début, quand je l’ai su j’ai ressenti beaucoup plus d’empathie et d’émotion pour notre narrateur. 
Là par contre, c’est un sujet qui est traité correctement et qui permet la réflexion.

Peut-être que Cara Delvigne a voulu aborder trop de thèmes et que, du coup l’intrigue principale perd en suspens, je ne sais pas, ce que je peux vous dire c’est que je lis énormément de livres Young Adult et que j’en tire moi-même des leçons, des réflexions, avec celui-ci malheureusement pas du tout ou trop peu.

Il plaira sûrement à un jeune public, mais attention aux thèmes abordés, non pas qu’il ne faut pas en parler, mais dans ce cas-ci, j’ai trouvé certains points, pas tous, pas assez expliqués ou juste survolés et plus grave pour moi, même si je n’ai pas d’œillère et que je sais qu’alcool et drogue circulent auprès des ados, faire passer le message qu’on en a besoin pour complètement s’amuser je ne suis pas d’accord.

Une lecture en demi-teinte, des points positifs, mais noyés dans les trop nombreux points négatifs. Trop d’incohérences, trop de cassure dans le tempo du roman.

La fin se finit sur un happy end qui est pour moi, encore une fois, ce n’est que mon ressenti, trop cliché pour être complètement crédible.

Je ne débattrai pas sur le fait que Cara Delvigne n’a pas écrit ce roman seule, je ne sais tout simplement pas quel aide ou la manière dont elle a travaillé avec Rowan Coleman.


Si je devais lui donner une note ce serait un 11/20, des choses intéressantes, mais noyées dans le trop-plein d’intrigues et une écriture maladroite, je n’ai pas dit mauvaise, elle reste fluide et simple. C'est certain ce roman je ne le conseillerai pas à des adultes alors que je l'ai déjà fait pour d'autres du même genre. 

Mirror, Mirror de Cara Delvigne et Rowan Coleman - Young adult - 416 pages, 18€ - Édition Hachette, en librairie le 4 octobre 2017
lundi 16 octobre 2017

[Rendez-vous] Give Me Five Books #2

Le Give Me Five Books est un nouveau rendez-vous qui consiste à présenter les 5 livres sur un thème choisi. 
Rendez-vous créé par Laura Passage (cliquez sur son nom pour accéder à son site)

J'ai décidé de faire aussi les articles, je faisais déjà les photos sur Instagram mais ainsi vous aurez ici les raisons pour lesquels j'ai choisi ces livres.
Cette semaine le thème est : 

Choix très difficile pour moi, car vous le savez, je lis de tout, du contemporain, du thriller, de la jeunesse, de l’historique, de la romance, etc., mais si je regarde dans mes bibliothèques le genre qui est le plus représenté c’est quand même le Young Adult et plus particulièrement la dystopie, les réécritures de contes et le fantastique. En voici 5 en photos, 5 sagas que j’aime énormément d’ailleurs le choix était très difficile, 5 seulement alors oui j’ai triché, du moins j’ai été dans la facilité j’ai choisi suivant la couleur pour que ma photo soit harmonieuse ^^
Je vous mets les résumés des tome 1 de chaque saga :)


Quand Game of Thrones rencontre Hunger Games ! Dans un monde où l'armée a pris le pouvoir, l'obscurantisme domine, mais deux adolescents vont s'unir pour tenter de renverser ceux qui ont imposé ce règne de la force.


Imaginez un lointain futur, des États-Unis dont il ne reste plus que douze districts. Imaginez que tous les ans soient organisés des Jeux de la faim, que le district vainqueur bénéficie d'un approvisionnement plus favorable en nourriture. Tout cela reste acceptable. Ce qui l'est moins, c'est la nature de ces jeux. Deux enfants de 12 à 18 ans sont tirés au sort dans chaque district et livrent combat dans l'arène. Il n'y a qu'un seul gagnant : celui qui survit. Le tout organisé comme un grand spectacle, une véritable téléréalité de l'horreur, et imposé à la population. Katniss s'est portée volontaire pour remplacer sa petite soeur tirée au sort. Elle va refuser de se plier à cette mascarade sordide. Un cycle coup de poing qui s'interroge à la fois sur le voyeurisme, les excès du pouvoir et la limite qui sépare l'humanité de la bestialité ! Hunger Games est une trilogie aussi intelligente que troublante, qui ne laisse jamais le lecteur insensible, quel que soit son âge.



Depuis des années, Sophie sait qu'elle n'est pas comme tout le monde. Elle se sent à part à l'école, où elle n'a pas besoin d'écouter les cours pour comprendre. La raison ? Elle est dotée d'une mémoire photographique... Mais ce n'est pas tout : ce qu'elle n'a jamais révélé à personne, c'est qu'elle entend penser les autres comme s'ils lui parlaient à haute voix. Un casque vissé sur la tête pour empêcher ce bruit de fond permanent de la rendre folle, elle se promène un matin avec sa classe au musée d'histoire naturelle quand un étrange garçon l'aborde. Dès cet instant, la vie qu'elle connaissait est terminée : elle n'est pas humaine et doit abandonner son existence entière pour rejoindre un autre univers, qu'elle a quitté douze ans plus tôt. L'y attendent une pléiade de nouveaux condisciples, amis et ennemis, et une question obsédante : qui est-elle ? Pourquoi l'a-t-on cachée dans le monde des humains ? Pourquoi n'a-t-elle que des souvenirs partiels de son passé ? Un premier roman baigné de magie, dont la fantaisie et le sens du suspense font des miracles, et où éclate le talent indéniable de Shannon Messenger. Un nom à retenir !


Dans le royaume de Norta, la couleur de votre sang décide du cours de votre existence. Sous l’égide de la famille royale, les Argents, doués de pouvoirs hors du commun, règnent sur les Rouges, simples mortels, qui servent d’esclaves ou de chair à canon.
Mare Barrow, une Rouge de dix-sept ans, tente de survivre dans une société qui la traite comme une moins que rien. Quand elle révèle sans le vouloir des pouvoirs extraordinaires et insoupçonnés, sa vie change du tout au tout. Enfermée dans le palais royal d’Archeon et promise à un prince argent, elle va devoir apprendre à déjouer les intrigues de la cour, à maîtriser un don qui la dépasse, et à reconnaître ses ennemis, pour faire valoir l’indépendance de son peuple.


Il était une fois, dans une ville parfaitement ordinaire, des jumeaux du nom d'Alex et Conner... Depuis le décès de leur père, leur grand-mère s'occupe d'eux. Et lorsque celle-ci leur offre un livre qu'ils lisaient étant petits, Le Pays des contes, leur vie plutôt morose change du tout au tout. 
Et pour cause, ce grimoire est magique et les transporte dans un monde où les contes sont bien réels. Sauf que ce monde se révèle beaucoup moins merveilleux que celui des livres ! Boucle d'or est une criminelle activement recherchée, Blanche-Neige dissimule péniblement un lourd secret, et même le Petit Chaperon rouge n'est plus une gentille fillette. Pour s'échapper de cet univers, Alex et Conner n'ont qu'un seul moyen : rassembler huit objets magiques, parmi lesquels la pantoufle de Cendrillon ou encore des cheveux de Raiponce, tout en évitant les foudres de la Méchante Reine. Car cette dernière semble avoir un plan machiavélique... qui pourrait bien piéger à jamais les jumeaux dans cette étrange contrée. 




[Avis] Girlhood de Cat Clarke


Cat Clarke est une auteure young adult que j’adore, en tout cas chacun des livres que j’ai lus n’ont peut-être pas été un coup de cœur, comme celui-ci d’ailleurs, mais sa façon d’écrire et de traiter de thématiques fortes font que je l’apprécie beaucoup.

Dans Girlhood nous suivons Harper. Elle a demandé à ses parents d’aller dans le pensionnat « Drungraggan Castle » en Écosse afin de faire table rase de son passé.
Là-bas, elle se lie d’amitié avec Rowan, Lily et Ama. 
Ces quatre filles sont inséparables, elles se retrouvent souvent le soir pour refaire le monde et s’amuser autour d’une bouteille de whisky.
Tout fonctionne à merveille pour notre héroïne, ses amies sont au courant, en partie, de son secret, elle se plaît beaucoup dans ce vieux manoir loin de tout. 
Elle a enfin des amies, elle qui était très solitaire dans son ancien lycée. La vie tranquille qu’elle mène commence à basculer à l’arrivée d’une nouvelle élève, Kristy.
Kristy a de nombreux points communs avec Harper ; peut-être même un peu de trop ; nous lecteur, nous sentons qu’il se passe quelque chose d’anormal avec cette fille, mais quoi ?

Cat Clarke nous emmène presque dans un huit-clos, tout se déroule au pensionnat, la proximité des élèves, le fait de vivre 24 h/24 avec les mêmes personnes exacerbent les tensions même au sein du groupe qui est pourtant bien soudé, encore plus quand quelqu’un joue avec les points faibles et secrets des 4 filles. 
En effet, il n’y a pas que Harper qui n’a pas tout confié à ses amies.

La tension monte de page en page, on sent que le noyau va voler en éclat et que Kristy est malsaine sans pouvoir dire pourquoi ni vraiment l’accuser de quelque chose, tout est sournois, c’est suggéré, mais aucune preuve ne vient étayer notre ressenti.

J’ai aimé chacun des personnages même si j’ai éprouvé beaucoup plus d’empathie pour Rowan, la coloc de Harper
Chacune des filles présentes dans le roman est bien fouillée, chacune à son caractère, sa façon d’être.

Cat Clarke aime traiter des sujets qui touche l’adolescence, ce livre n’y échappe pas, autant de thèmes simples comme l’amitié, la trahison et les secrets, la richesse et ses privilèges, mais aussi des thèmes beaucoup plus graves comme le suicide, la mort, le décès et comment se reconstruire après, les combats intérieurs que se livrent les protagonistes, la sexualité, la culpabilité et l’homosexualité
Chaque sujet est abordé sans que l’intrigue y perde en angoisse ou en rythme.

C’est une lecture facile et fluide, en quelques heures le livre est lu.
Elle met principalement l’accent sur l’amitié et la famille, ce sont ces 2 thèmes qui sont centraux au roman. 

Peu à peu, on comprend tout ce qui se joue dans ce manoir écossais, mais on est loin de tout résoudre.
Une nouvelle réussite pour l’auteure, sans être un coup de cœur, j’aime qu’elle traite de sujets importants, que chaque adolescent qui lira un de ses livres se retrouvera dans l’un ou l’autre protagoniste. Garçon ou fille.

Suspens ; angoisse ; mensonges ; dès la première page, vous être entraînés dans le roman, car tout commence par un bizutage ; rien de bien méchant, mais par lequel tout va basculer pour le quatuor.


Un thriller psychologique pour les adolescents bien mené jusqu’à la dernière page, émotion et rire sont au rendez-vous, angoisses, peur et suspens ne vous lâcheront pas. 

Girlhood de Cat Clarke - Thriller psychologique - Young Adult - 360 pages, 17.90€ - Édition Robert Laffont, collection R, en librairie le 5octobre 2017
jeudi 12 octobre 2017

[Rendez-vous] Throwback Thursday #3 Comme un air d'automne !


Qu’est-ce que le Throwback Thursday livresque ? Un rendez-vous que Bettie Rose Books a crée en 2016 pour permettre à chacun de partager une lecture ancienne ou plus récente au choix, mais toujours sur un thème très vaste. 
Rien à voir avec le TTT qui lui demande 10 livres et parle parfois au futur. 


Non le Throwback comme son nom l’indique, invite à se replonger dans nos plus jolis souvenirs livresques.
Toutes les semaines Bettie Rose Books propose un thème, cette semaine c'est : 


Voici le titre choisi pour ce thème : 


Pour une fois c'est une BD, je lis peu de BD mais celle-ci fait partie de mes préférées. C'est une BD jeunesse mais qui conviendra aussi aux adultes, la preuve j'ai 40 ans. Le graphisme est sublime et l'histoire tout autant. 
Jusqu'à présent 4 tomes sont sortis, le 5e est prévu en novembre, celui-ci avec ses tons me fait penser à l'automne. 
Connaissez-vous cette BD ? 

Les carnets de Cerise, tome 1 de Joris Chamblain (auteur) et Aurélie Neyret (illustrateur) (rien à voir mais je vous présente ici tout bientôt la dernière BD de Joris Chamblain qui est aussi magnifique)
Le résumé : Cerise est une petite fille âgée de 11 ans, qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière, et a même déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement, les adultes. Ils sont si compliqués qu’elle souhaiterait mieux les comprendre. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond d’eux. Prenez Michel... Tous les dimanches, ce vieil homme s’engouffre dans la forêt avec de gros pots de peinture à la main. Qu’y fait-il donc toute la journée ? Repeint-il une vieille maison ? Décore-t-il des arbres ? Et pourquoi a-t-il l’air si triste quand il rentre le soir ? Suivez Cerise, pas à pas, dans sa première enquête qui vous mènera au coeur de la forêt, à la découverte d’un lieu fabuleux !..




[Avis] Petites reines de Jimmy Lévy




Ça vous est déjà arrivé de terminer un livre et de ne pas savoir si vous l’avez aimé ou non ?
C’est ce que j’ai ressenti juste après la fin de ce roman, mais en écrivant les lignes que vous allez lire ensuite je peux dire que je suis passée à un cheveu du coup de cœur.
Il m’a juste manqué une explication pour un fait qui se passe à la fin du roman pour que cela soit le cas.

C’est un livre qui mérite vraiment d’être lu, découvert, mais il faudra vous armer de patience pour comprendre toute la complexité et le symbolisme que ses pages renferment.
Il vous faudra aussi passer outre les premières pages du roman qui sont parmi les scènes les plus horribles que j’ai pu lire. 
C’est cruel, ignoble, tous les qualificatifs que vous voulez, j’ai d’ailleurs posé mon livre avant de le continuer après ce premier chapitre.

Rassurez-vous, c’est le passage le plus dur du livre, choix audacieux de l’auteur de le placer comme cela, mais en même temps il vous plonge directement dans le bain. Vous savez d’emblée que derrière ce titre ce n’est pas un conte de princesse, mais bien le destin de 2 femmes, 2 femmes aux antipodes l’une de l’autre. Elles n’ont, a priori rien en commun.
Le point commun que l’on peut remarquer d’emblée c’est que toutes deux sont hantées par le poids du souvenir. Elles veulent oublier, tout oublier.
Le lien entre ces deux femmes est bien plus que ce simple fait, mais je ne peux vous en dire plus.

Anoua vit dans une tribu ancestrale subsaharienne tandis que Queenie finit ses jours dans une villa au bord d’une plage de Californie.
Les chapitres alternent les voix de Anoua et de Queenie, je me suis d’abord plus attachée à Anoua, ressentant beaucoup d’empathie pour cet enfant qui n’a rien demandé à personne, mais qui est destinée à se donner au chef de la tribu dès l’apparition de ses premières règles, elle est une petite reine pour sa tribu, c’est sa destinée.
Anoua m’a terriblement émue, c’est le personnage que j’ai préféré, les réflexions profondes qu’elle a sur la mort, sa condition de Petite Reine, de femme, sur l’amour, ce qu’elle est encore capable d’endurer ou pas m’ont touchée.
Queenie, quant à elle, j’ai eu mis plus de temps à l’apprécier pleinement, cette vieille dame a décidé qu’à son âge elle n’a plus à respecter les conventions, la politesse, elle insulte et mène la vie dure à son infirmière et à son médecin.
Plus j’avançais dans ma lecture plus je l’ai comprise, elle a elle aussi énormément souffert, derrière sa vulgarité, une carapace pour moi, se cache une femme qui a souffert dans sa condition de femme et qui n’a jamais pu oublier Julia. Pour savoir qui est Julia, vous devrez lire le livre.
La question de la maternité abordée par ce personnage m’a émue.
L’une des deux héroïnes va abandonner son enfant tandis que l’autre est stérile.
Je me suis finalement attachée à Queenie. Elle m’a fait rire avec son parler cache, mais aussi, serré le cœur. Son profond désir d’oublier, sa solitude. Le regard qu’elle porte sur la vieillesse ne me l’a rendu que plus sympathique.
L’auteur aborde aussi à travers ce personnage les thèmes de la maladie, de la démence et de l’euthanasie.

Le rythme du roman est effréné, les chapitres courts sur l’une et l’autre vous donnent envie de continuer la lecture pour comprendre tous les tenants et aboutissants.

Jimmy Lévy, à travers ses 2 héroïnes, nous écrit un roman à tendance féministe, ces deux héroïnes ne sont pas résignées à leur condition de femmes, elles sont bien décidées à être maîtres de leur destin. Peu importe ce qu’elles risquent ou ce que les gens pensent.

Le style de l’auteur est unique. Il décrit des scènes de violences, avec son personnage de Queenie la vulgarité est ce que l’on remarque au premier abord, mais la beauté de ce livre se cache justement dans ce langage sans tabou, des passages de poésie au milieu de la violence ou de la haine. Il fallait oser, Jimmy Lévy le fait et cela fonctionne parfaitement.

Il vous entraîne dans son roman de manière très brute de décoffrage pour arriver peu à peu à un style beaucoup plus sobre, une fin qui est tout le contraire du début. Émouvante et tendre.
Il a su éviter le piège de la surenchère, il aurait pu nous écrire un livre violent de bout en bout, mais au contraire tout est dosé et juste.
Le style de l’auteur sert son intrigue et colle parfaitement à la vie de Anoua et Queenie.

Un livre que je ne pensais pas avoir aimé à ce point, un livre que j’ai envie de relire et dont j’ai déjà relu certains passages. Un roman qui ne peut laisser indifférent.
Pourquoi je veux le relire, car je veux être certaine de ne pas être passée à côté de certaines choses ; je veux pouvoir trouver mes réponses à mes interrogations. Anoua est-elle une contemporaine de Queenie ? Existent-elles réellement l’une et l’autre ou est-ce juste l’histoire que nous raconte Queenie dans son carnet ?


Vraiment un roman de la rentrée littéraire que je vous recommande pour son originalité, les thèmes traités. Passez au-dessus de vos craintes, derrière la violence se cache la beauté des femmes. 

Petites reines de Jimmy Levy - roman contemporain - littérature française - 272 pages, 19€ - Édition Le Cherche Midi, rentrée littéraire 2017 - En librairie depuis le 24 août 2017
mercredi 11 octobre 2017

[Avis] Lotto Girl de Georgia Blain


Nous faisons la connaissance de Fern et immédiatement on apprend ce que sont les lottos girls. Tous les 7 ans, une loterie est organisée pour permettre à des gens peu fortunés de choisir l’apparence et les dons de leur futur enfant par manipulation génétique, Fern est l’une d’entre elles.
Quand le roman débute, Fern n’a plus d’identité ; en tout cas pas la sienne ; elle vit dans un camp de misère. Que s’est-il passé pour qu’elle en arrive là ?

Je vous le dis d’emblée malgré tout le potentiel du livre et les réflexions qu’il suscite j’ai un bilan mitigé à la fin de ma lecture.

Un livre intéressant dans ses thèmes, il aborde la théorie de l’eugénisme (l’ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l’espèce humaine. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État définition de wikipedia), un livre qui nous fait réfléchir que toutes ces manipulations génétiques qui existe on ne peut le nier. Ici, bien sûr, poussée à son paroxysme, on réfléchit aussi sur les OGM, sur les recherches scientifiques actuelles. 
L’auteure aborde aussi la question de l’éducation, à travers l’école de Halston que fréquente Fern et ses 3 autres amies, Lottos girls elles aussi ; est-ce que l’intelligence est innée, est-ce que c’est l’éducation qui prime, l’environnement social d’où l’on est issu, est-ce que tout le monde a les mêmes chances de pouvoir s’élever dans la société ou faut-il un milieu social plus favorisé et ici, dans ce livre, des manipulations génétiques nécessaires pour acquérir certaines formes d’intelligence ou de dons.
Un autre thème, qui est présent durant une bonne partie du roman, c’est de ne laisser personne nous dicter notre conduite, être libre de faire ses propres choix.

Comme vous le voyez, c’est un roman jeunesse très intéressant, mais le manque d’informations sur le monde créé par l’auteure, le manque de développement des protagonistes m’ont empêché d’adhérer complètement. La fin n’en est pas une pour moi, je reste avec énormément d’interrogations.

J’ai aimé suivre Fern, un personnage qui est attachant. Nous la suivons à la fois dans le camp et par flash-back dans son école en compagnie de ses amies, Ivy, Wren et Lark ; lotto girls elles aussi. 
Elles suivent des cours en fonction de leurs spécificités. 
Certaines y arrivent facilement pour d’autres, c’est plus difficile. 
Elles sont séparées de leur parent, destinées à apprendre un métier qui les mettra à l’abri du besoin.
Fern s’interroge beaucoup sur le sens de sa vie, sur ses choix, son futur, son rôle possible ou pas dans la société. À côté de cela, l’auteure ne nous donne que peu d’informations sur le monde, on est dans le vague ou l’approximatif la plupart du temps. Qui sont les Parents ? Pourquoi les données à échanger sont-elles si importantes, une sorte de téléphone qui collecte des données pour pouvoir manger, s’habiller, se divertir ; une nouvelle monnaie, mais nous n’avons pas plus d’informations.
Plus tard dans l’histoire on comprend pourquoi Fern s’est retrouvée dans ce camp. 
Elle est là pour aider les Opposants, mais encore une fois si j’ai bien compris leur but on n’a que très peu d’informations les concernant. 
Je me suis aussi attachée à d’autres personnages tels que Marcus le jardinier, Melle Margareth, Milo, etc.

Le roman n’est pas très long ; 350 pages, pourtant, je me suis ennuyée, un manque de rythme dans les passages où Fern est dans le camp par contre, j’ai aimé l’amitié entre les lottos girls et leur vie à Halston. Un livre en montagne russe, des moments de tension et de rebondissements, mais qui s’essoufflent très vite.

Je pense que l’auteure a voulu trop développer, partir dans tous les sens pour si peu de pages, aborder trop de thèmes. 
Les rebondissements, les réflexions sont importantes, mais le tempo, les longueurs et la fin ne m’ont pas plu.


Si je devais le noter, ce serait un 13/20. Un postulat de départ intéressant, mais dont le manque d’informations m’a laissé dans le brouillard.

Lotto Girl de Georgia Blain - roman jeunesse - Dystopie - 350 pages, 16€ - Édition Casterman, sortie en librairie le 13 septembre 2017
mardi 10 octobre 2017

[Avis] Un été près du lac de Heather Young


Premier roman de Heather Young et nouvelle lecture de la collection « Le cercle » des éditions Belfond et une nouvelle fois conquise même si cette fois nous sommes plus dans un registre de suspens et de secrets de familles. 
Plusieurs intrigues ont lieu sur 3 générations.

Nous suivons d’abord Lucy, elle a décidé à l’aube de sa vie qu’il était grand temps de raconter tout ce qu’elle avait tenu secret depuis cet été 1935 où sa petite sœur Emily a disparu au bord du lac de leur résidence familiale. Elle décrit tout à sa petite nièce Justine ; Justine à qui elle a décidé de tout léguer, les secrets et le chalet dans la campagne de Williamsburg
D’un autre côté, nous suivons Justine, ses deux filles Mélanie et Angela. Elles vivent avec Patrick, compagnon de Justine depuis que son mari est parti.
Patrick est un homme qui a besoin de tout contrôler, quand Justine reçoit le coup de téléphone du notaire lui annonçant l’héritage de sa grand-tante, elle décide quasiment sur un coup de tête de fuir avec ses filles. Elles quittent la Californie pour le Minnesota.

C’est un roman plein de suspens que nous livre l’auteure, à la fois pour les secrets que Lucy raconte à sa nièce dans son petit carnet noir et par le personnage de Patrick que l’on ne sent pas digne de confiance même s’il n’a rien commis jusqu’à présent.

L’auteure possède un don de conteuse, j’ai été entraînée dans l’histoire des générations des femmes Evans très facilement. 
J’ai ressenti énormément d’empathie pour Lucy, vieille dame, mais aussi pour Lucy enfant. 
Les souvenirs qu’elle relate avec sa sœur aînée Lilith, mère de Maura, grand-mère de Justine.
Chaque été, la famille quitte leur maison bourgeoise de Williamsburg pour ce chalet au bord du lac, ce sont les vacances et les heures d’insouciance, le temps des jeux dans les bois, des baignades. 
Cet été-là, Lucy ne reconnaît plus sa grande sœur, âgée de 13 ans Lilith n’a plus envie de jeux de petite fille, elle a mûrit et commence à s’intéresser aux garçons, au grand désarroi de Lucy. 
Elles ont toujours été toutes les 2, leur petite sœur Emily non ; leur mère la surprotège, elles sont même toutes deux un peu jalouses de cette attention.
Cet été va tout changer pour la famille, hormis le changement de caractère de Lilith, voilà qu’Emily, la veille de la fin des vacances, disparaît en pleine nuit.

Il vous faudra beaucoup de patience pour connaître le fin fond de cette histoire, le dénouement n’arrive que dans les 50 derniers pages, mais qu’importe, Heather Young vous plonge dans cette atmosphère d’été, de chaleur, des familles de la ville venues se détendre au bord de l’eau.
La maison de vacances devient peu à peu un personnage du roman. 
C’est là que tout se déroule, autant la jeunesse et toute la vie de Lucy et Lilith puis l’arrivée de Justine et ses filles. 
Justine a elle aussi des soucis à régler
Mélanie, sa fille aînée, est renfrognée, mais elle ne comprend pas pourquoi, ce sera l’occasion d’un nouveau départ, elle sent qu’elle doit rester au chalet même si elle n’a aucun reproche à formuler à Patrick toujours ponctuel, lui téléphonant plusieurs fois par jour, organisant leur week-end.
Si au départ, le choc de la différence des climats entre la Californie et le Minnesota est rude peu à peu elles s’habituent toutes 3 à cette maison et aux secrets qu’elles renferment.

Roman d’atmosphère, vous êtes plongés soit dans la chaleur de l’été 1935 ou dans l’hiver rude que Justine rencontre à son arrivée.
Les protagonistes sont tous bien fouillés, chacun apportant son lot de particularité, de mystère ou de secret. 
J’ai particulièrement apprécié Matthew enfant et Matthew en vieil homme protégeant toujours son frère aîné, Abe.
La tension monte par degré, on est avide de comprendre ce qui a pu se passer, mais c’est doucement, tout en justesse et pudeur que l’auteure dévoile peu à peu son intrigue évoquant en même temps d’autres thèmes intéressant, les années d’avant-guerre et sa crise économique, le racisme ambiant envers les Indiens, elle vous parle religion et pêché, mensonges, les émois de l’adolescence tout comme la fragilité de l’enfance innocente.

Une grande saga familiale ou un secret va peser sur les générations suivantes.

Quand vous aurez tout lu vous verrez que les apparences sont trompeuses, qu’il s’agit bien plus que d’un seul secret. 
Le dénouement est poignant, dramatique, mais le roman finit sur une jolie noté d’espoir. 
Lucy peut être en paix, Justine a su démêler les liens du passé et pourra ; peut-être ; reprendre le flambeau du nom Evans sur un carnet vierge de tout mensonge. 

Un été près du lac de Heather Young - roman contemporain - 384 pages, 21.50€ - Édition Belfond, collection Le cercle, en librairie le 21 septembre 2017
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